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Les tests d'Hifissimo

Cambridge Lecteur DVD audiophile 540D

Mis en ligne le 16/02/2004


Le test se passe sur un grand classique du Home Cinéma, un ensemble qui est devenu une vraie référence. Ampli Sherwood R963, pack Davis Acoustics Galaxy, caisson Magnat Omega 380. Le projecteur est le tout nouveau Panasonic PTAE500. J'aimais déjà beaucoup le PTAE300, et je savais que le 500 était obligatoirement dans la pure lignée de son prédécesseur, donc je pense que le test permet de bien mettre en valeur les qualités du lecteur, car en général, ce n'est pas le projecteur qui limite la qualité de restitution, c'est le lecteur, contrairement aux idées reçues.

Pour comparer, j'ai pensé prendre un lecteur théoriquement au dessus du Cambridge en gamme et en prix. J'avais le Denon DVD2200 sous la main, il a pour seule différence de fonctions d'être compatible SACD, et j'ai trop appris qu'en terme de tests, le mieux est l'ennemi du bien, et que si j'attends de réunir toutes les machines qu'il conviendrait de comparer pour être exhaustif, et bien… je ne ferai jamais mon test !

J'ai tout de même, pour me faire une idée plus précise, ajouté dans mon test le lecteur CD Cambridge 640C. L'écoute se fait en numérique coaxial. Pourquoi pas en analogique ? Certes il est important de tester la qualité des convertisseurs d'un lecteur, mais peu d'amplis Home Cinéma laissent le signal analogique dans l'état ou ils le trouvent, et en général, ils le reconvertissent en numérique avant de le... re re convertir en analogique ! Il vaut mieux donner à ces amplis des signaux numériques, pour les empêcher de faire des tas de conversion.

Premier test, audio : Zucchero and Randy Crawford, Imagine.

DVD2200. Les cymbales manquent de finesse, j'avais déjà constaté cette limitation sur certains lecteurs DVD Denon. La voix de Randy Crawford est un peu voilée. La scène sonore est assez belle, large. Le grave est sec. Le lecteur a quelques difficultés avec les scènes complexes, et le message se retrouve un peu touffu. Le son est un peu métallique dans l'aigu, avec un léger scintillement sur les voix. L'ensemble, cependant, donne une impression de bonne qualité, de bonne tenue, et il n'y a pas un seul gros défaut majeur, sauf peut être le léger manque de finesse et de présence pour une oreille exigeante.

540D. Les cymbales sont plus fines, plus pures. La voix également semble plus pure, plus palpable. Elle a plus de matière. L'ensemble respire mieux, la scène sonore a plus d'ouverture, et les sons montent dans la pièce. Le grave est plus profond, et plus doux que sur le Denon. Mon impression générale est que tout est plus soyeux, beaucoup plus analytique avec les messages complexes et entremêlés. Le son général est carrément généreux de finesse et de présence.
640C. C'est assez intéressant de palper la cohérence d'un fabricant ! Le 640C, c'est tout simplement exactement le 540D… en mieux ! La même signature sonore, la même impression de soyeux, de douceur, propre à Cambridge mais avec plus de tout… plus de finesse, plus de présence, plus d'analyse, et plus de grave. Monsieur + quoi !
540D de nouveau : C'est important pour moi de faire le test inverse : du meilleur au moins bon. C'est certes cruel pour les moins bons, mais ça permet de voir comment il tiennent la route, de quelle ampleur sont leurs défauts, lorsqu'on vient de se prendre du beau jus dans l'oreille ou dans l'oeil.
La comparaison descendante du 640C vers le 540D ne lui fait pas honte, et c'est une bonne surprise. Je confirme ma première impression, Le 540D est un 640C light !

DVD2200 : là, c'est un peu dur pour lui. Le son semble plus ramassé, plus grossier. Là on voit clairement les limites de la machine.

Test 2 : Maxime Le Forestier, plutôt guitare, Ambalaba .

DVD2200. La voix de MLF est un peu projetée. La scène sonore est certes ouverte, mais je la trouve tout de même un peu comprimée. Peu d'étagement, peu d'aération entre les instruments.

540D. Tout de suite plus de finesse et plus de profondeur, et toujours cette douceur supplémentaire, point fort de la marque. La voix de MLF est plus détachée du reste de la scène sonore, et tout est plus ouvert et plus équilibré. Les instruments, les guitares, se chevauchent moins.
Ma conclusion son stéréo deux canaux est à l'avantage du 540D sans hésitation, sans contre indication. Le Cambridge fait mieux partout.

L'intérieur de la bête de scène

Test image. Braveheart Zone 2.

Test de la bande sonore.

Exceptionnelle qualité de décodage son du 540D ! Vers le début du film, quand les hommes entrent dans la maison ou les paysans ont été pendus, on entend des pigeons qui s'envolent, et le bruit de leurs ailes passe rapidement derrière nous par les surround . Le DVD2200 ne restitue pas ce bruit d'ailes de pigeons avec la même netteté ni avec la même intensité, alors que les réglages ont été vérifiés avec chaque machine. Dans les deux cas, par contre, je trouve les voix douces, la bande sonore est sans agressivité, et les voix se détachent bien du reste de la bande son.

Sur les parties musicales, lorsque seule la musique joue, le Cambridge prend un peu le dessus, par sa grande douceur. Un peu… pas beaucoup. Mais c'est surtout sur la qualité de décodage que mes yeux n'en croient pas mes oreilles. Quelle que soit la scène, les informations des surround sont plus fortes, plus détachées et plus décortiquées du reste.

Test image.

Par manque de temps, j'ai été contraint de conserver les valeurs d'origine du Cambridge et du Denon que je n'ai donc pas pu régler comme il le faudrait. J'avais auparavant calibré le PTAE500.
Le 540D a des couleurs extraordinaires, qui rappellent celles du DVD300 ! A coté, le Denon semble un peu terne. Les noirs sont très intenses, c'est très impressionnant sur un projecteur LCD, tant avec le Cambridge qu'avec le Denon. J'en conclus que le PTAE500, sur un bon lecteur, fait superbement son travail. Je trouve cependant ces noirs un peu bouchés, quelle que soit la machine. Mais ce qui me frappe énormément, c'est la qualité du progressive scan du Cambridge ! L'image n'a pas le MOINDRE effet d'escalier, virtuellement ZERO saccades, et presque AUCUN fourmillement. Je lui trouve un petit manque de piqué sur les arrières plans, mais il faut se souvenir que je ne l'ai pas réglé, donc on peut forcément mieux faire que les réglages standard, l'expérience est constante là-dessus, car en sortie du carton, le sharpness est TOUJOURS forcé.

Quand je passe au DVD2200, quelque chose marque mon attention, c'est la présence de bandes verticales très légères sur la matrice. Des bandes qui ne bougent pas quelle que soit l'image, et qui appartiennent à la matrice elle-même. Comment je n'ai pas vu ces bandes avec le Cambridge, pourquoi elles n'apparaissent pas autant, je l'ignore, mais le fait est là, le Denon produit des bandes verticales, défaut bien connu sur les projecteurs LCD, alors que celles-ci sont très très faibles avec le Cambridge, mais pas totalement absentes non plus. Les couleurs du Denon sont moins belles, l'image est moins fluide, c'est tout de suite visible, par contre elle a plus de piqué sur les arrières plans.

Conclusion : le Cambridge rend mieux que le Denon sur toute la ligne, surtout en qualité et vigueur des couleurs, et par la quasi disparition des bandes de trame de la matrice LCD. Il faut mieux, sauf sur le sujet du détail des arrières plans, point que je tenterai d'améliorer lors de mon prochain test en réglant le lecteur lui même.
Pour moins de la moitié du prix, le Cambridge renvoi le Denon aux pelotes, sauf à considérer l'aspect multicanal SACD que le Cambridge n'accepte pas. Pour son prix, il représente un excellent appareil pour répondre à la double préoccupation image/son, et Cambridge, qui aura finalement laissé passer 2 ans entre la sortie des deux machines, a mis ce temps à profit, pour le bonheur de tous les amateurs qui sauront sortir un peu des sentiers battus et des marques plus connues.

Jean-Patrick Grumberg, Hifissimo

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