
5 mois, 6 mois d’attente. Et puis enfin une version qui me plaît.
Chill Out. John Lee Hooker. Enormément d’ouverture sonore, beaucoup d’espace, grande respiration, voilà les premières réflexions que m’inspirent les premières notes. C’est tellement beau ! Le grave a une fermeté exemplaire, l’attaque est franche et la descente est rapide. La voix de John Lee Hooker est restituée comme je ne l’ai jamais entendu : tout le grain, toute la douleur, tout le tourment de cette vieille voix sont reproduits avec une justesse et une sensibilité formidables. La Bamba. The O-zone Percussion group. Immense aération. Ca respire à merveille. Il y a une ouverture et un souffle qui donnent une grande transparence à ce morceau, même à niveau de volume faible (l’écoute à faible volume est peu réaliste, et donc déconseillée lorsqu’on a le choix, car la musique en vrai est toujours forte)Le grave s’assied dans un souffle ferme et profond. C’est contenu et ça respire ! Contenu parce qu’il n’y a pas la moindre bavure, et ça respire parce tout s’ouvre dans l’espace, rien est étriqué, il y a une générosité toute Davisienne dans la restitution. L’ouverture dans l’espace, l’effet stéréophonique, l’étagement des instruments est un modèle.Sur les percussions, dans le médium, c’est du grand Davis Acoustics ! Ah mes amis ! Quelle belle restitution ! Le médium, d’une pureté et d’une douceur subtiles, pousse encore plus loin pour moi les limites du fameux médium qui fait la grande réputation de Davis. C’est abouti, c’est précis, et ça dégage une impression de grandeur sonore.L’aigu est délicat, sans jamais aucun scintillement. 5 révisions, 5 versions, 6 mois d’écoutes, beaucoup de travail et de moments de doutes chez Davis, pour cette belle récompense. Je voulais une enceinte bibliothèque de très grande facture, qui sache éviter le piège habituel de beaucoup de produits audiophiles : l’ennui sonore. Je suis servi ! Voilà une enceinte vivante, joyeuse…et rigoureuse. Les percussions de la Bamba, vers le milieu du morceau, sont des délicates touches, comme des pétales de rose. C’est tellement beau que j’ai eu la chair de poule. C’est tellement beau… Tout s’articule avec un naturel, une souplesse infinis. Et pour la torturer un peu, « deep bass testeur », un morceau de techno qui descend à 28 Hz !Quelle fermeté ! Alors là ! Rien ne bave, rien ne traîne, c’est tout à fait exemplaire, je n’en revient pas ! Ca tient, ça descend, ça tapisse la pièce et le son sort de partout. Le 28 Hz est envoyé comme une formalité, en souplesse et en puissance, sans la moindre vibration, sans la moindre distorsion.Pour en avoir le cœur net, j’ai branché une paire de B&W 703 qui était à coté. Une enceinte modèle, exemplaire, une réussite. Ca vibre, ça crache, ça fait mal aux oreilles, c’est agressant, les 703 ne sont pas faites pour ça, la distorsion va dans tous les sens. J’arrête brusquement.Cela me permet de constater à quel point la Nikita, bibliothèque profonde certes, mais bibliothèque tout de même, est réussie et polyvalente. Tout s’est passé au-delà des mes attentes, et quand je fais le compte, 3000€ d’enceintes + 3000€ d’électronique, on ne trouve pas sur le marché de quoi faire aussi beau pour ce prix là. C’est ce que j’avais demandé à Davis : d’appliquer la recette de leurs enceintes célèbres à un haut de gamme qui offre, pour son prix, ce qu’on trouve pour le double du prix ailleurs, avec peine. Jean-Patrick Grumberg, Hifissimo |