Les tests d'Hifissimo

Comparatif vidéoprojecteurs Panasonic PTAE900 et Sanyo PLVZ4

Mis en ligne le 16/09/2005

Mon test du Panasonic PTAE900, et comparaison avec le Sanyo PLVZ4.

Voilà encore une reine du silence ! Le Sony HS50 qui avait ouvert la voie a été copié avec beaucoup de talent. C'est presque le silence total. Le joystick pour déplacer l'objectif, et donc l'image, dans tous les sens est le même que sur le PTAE700, et il fait toujours aussi jouet qu'avant. Heureusement qu'une molette de serrage permet de le bloquer. Ce n'est en tous cas plus du lens shift, avec un tel déplacement, c'est du réglage d'objectif ! Ca me fait penser au rétroviseur sur ma voiture. Manque plus qu'ils le fassent électrique.

Le menu est d'une grande simplicité, et j'ai réglé le projecteur pile poil en quelques minutes, ce qui laisse à penser que la grande majorité des utilisateurs qui n'osent pas trop jouer avec les réglages auront une belle image même s'ils ne touchent à rien. Je sais bien que pour certains amateurs, ce détail est assez secondaire, car ils chercheront à obtenir un réglage optimum, soit avec un DVD de réglage comme Digital Vidéo Essential, soit carrément avec un étalonnage professionnel, mais pour tous les autres, et c'est la grande majorité, je peux vous assurer que vous pouvez plonger sans crainte d'avoir à mettre les mains dans le cambouis.

Gladiator Zone 2, sur Denon DVD3910 en liaison HDMi au moyen d'un câble Oehlbach 2411.
L'image fait 2.30m, je suis assis à 4m de l'écran 16/9 e, et le Denon est en 720p, évidemment !

Chapitre 2, la guerre.
Je vois des défauts que n'a pas le Sanyo PLVZ4 ni le Toshiba MT400, les autres nouveautés de cette rentrée. Notamment, des halos comme des ombres grises autour des formes et des objets, un défaut bien connu sur les vidéoprojecteurs il y a 4/5 ans.

C'est très visible sur le contour des arbres contre le ciel. Les troncs d'arbres sont dédoublés d'un trait et d'une ombre de deux centimètres de chaque coté. C'est assez énorme, et pourtant mon réglage de sharpness, ajusté avec une mire, est au minimum. J'ai fait plusieurs essais pour tenter de le réduire, sans succès. Ceci, cependant, et c'est heureux, ne détruit pas non plus l'impression de détails, car les objets de petite taille ne montrent pas ce défaut, et si le fond n'est pas d'une couleur très contrastée, on ne voit rien non plus. Le détail des images donc, est excellent, et je suis agréablement surpris par les détails lumineux surtout : ils ont beaucoup d'éclat, et ça fait une belle image.

Le ciel, sur ces scènes difficiles du chapitre 2, fourmille un peu.

Un peu plus que le PLVZ4.C'est pas la peine de chercher la moindre grille, on ne voit rien ! Je me suis approché pour la voir, et en reculant lentement, à 2m de l'image (2.30m de large), et je ne la vois virtuellement plus.

Au chapitre 6,
j'ai beaucoup regardé cette scène sur le PLVZ4, plongée dans la pénombre, éclairée faiblement par la lumière filtrée au travers de la fenêtre, et César qui traverse la pièce de droite à gauche derrière des statuts et s'arrête devant un grand buste. Là, le piqué est remarquable, peut être même meilleur que sur le PLVZ4 (je dis peut être, parce que mon PLVZ4, un modèle de pré série, vient de tomber en carafe !)… Malgré l'effet de halo, de dédoublement des images, malgré que les noirs sont un peu plus bouchés, moins détaillés que sur le PLVZ4, l'effet 3D, la profondeur, le détail, la finesse, font une très belle image. En fait, l'effet de dédoublement, d'ombre si vous préférez, n'est visible que si les objets se trouvent contre un fond de couleur très différente. Sur cette scène, ce n'est pas le cas, donc on ne voit pas ce défaut là. Là ou c'est le pire, c'est pour un objet clair sur un fond très sombre, comme un visage en gros plan et un fond marron foncé en arrière plan.

Sur le traveling qui va de la cage aux esclaves vers le village, une scène que j'utilise systématiquement pour tester la fluidité du projecteur, le résultat est excellent. Comparable à ce que je connais de mieux, tout simplement. Et comparable au PLVZ4.

Le piqué d'image est remarquable, mais peut être un peu dur. Lorsque les gladiateurs alignés contre un mur reçoivent un jet de poudre blanche (talc ?) sur leurs corps, le jet est si détaillé qu'on ne voit pas un nuage poudreux, mais des minuscules particules, par exemple.

La couleur est excellente, un poil froide peut être, par rapport au Sanyo, mais je n'en tire pas de conclusion car un réglage poussé (que je ne fait pas sur un modèle de pré série qu'on me confie quelques heures), permettra sans doute de modifier.

Et les BV maintenant ? (les BV, pour bandes verticales, sont le défaut du procédé LCD, et lorsqu'on sort un PLVZ4 de sa boîte, et qu'on ne fait aucun réglage, l'image en est truffée. Les BV sont des traces grises verticales qui ne bougent pas, quelle que soit l'image). Et bien des BV il y en a. Elles sont extrêmement faibles, elles sont extrêmement régulières, et elles ne font pas comme des saletés à certains endroits de l'image – en tous cas pas sur l'exemplaire que j'ai en test – mais elles sont là. Et pas de réglage en vue.

Le piqué et le détail des arrières plan est très beau, ce qui fait une profondeur de champ exceptionnelle, supérieure à celle du PLVZ4, et approchant ceux d'un projecteur DLP.

Avec mes mires, j'ai pu localiser ces BV. Elles se voient sur les verts, sur les bleus clairs et sur le jaune. On ne voit rien sur le blanc, et c'est probablement pour cela qu'elles sont si peu gênantes avec un film, ni sur les rouges.

Il n'y a pas non plus d'ombres de lumières sur les cotés et les coins de l'image, comme souvent sur les projecteurs LCD, et comme sur le PLVZ4 de mon test. La lumière est très régulière, la couleur uniforme, c'est tout juste si on discerne une légère perte d'intensité sur une zone de 20 cm de chaque coté de l'écran, sur toute la haute.

Pour revenir à mes BV, elles font comme un subtil lignage contre certaines images, et pas sur les fonds blancs. Sur des fonds gris, c'est là qu'elles apparaissent un peu, mais pas comme des traces sales sur l'écran. En regardant de nouveau avec des mires, je m'aperçois en effet que sur des dégrades de gris, elles sont invisibles sur le blanc, et elles apparaissent sur les rectangles gris, quelle que soit leur intensité, sauf les très foncés.

Avec des plus et des moins par rapport au PLVZ4, mon impression générale penche vers ce dernier pour les raisons suivantes.
  • couleurs plus chaleureuses,
  • piqué sans ombres dédoublant les formes situées sur un fond de couleur contrasté,
  • absence total de BV.
J'ai préféré, en revanche, sur le PTAE900, l'absence totale de zones décolorées dans les angles (bien que je n'ai pas réussi à voir ces décolorations, présentes sur les mires du PLVZ4, en regardant des films), le piqué des images, mais surtout l'effet 3D, la profondeur de champ.

J'ai moins aimé son fourmillement, mais c'est par rapport au PLVZ4 uniquement. Dans l'absolu, il ne m'a pas gêné du tout, car il n'est présent que dans les moments très difficiles.Je pense recevoir un autre exemplaire de PLVZ4 qui va me permettre de pousser un peu plus les tests, et donc de valider ou pas ces premières impressions.

Panasonic PTAE900/ Sanyo PLVZ4, deuxième round.

Conscient que le bruit de fond d'un magasin de Hifi n'est pas spécialement propice au silence total, et que le bruit d'un projecteur est une donnée réellement importante pour un utilisateur qui aura la machine à moins d'un mètre de ses oreilles, j'ai profité de la fermeture entre midi et deux pour éteindre tous les appareils, et écouter réellement le bruit des ventilateurs.

Panasonic :
non, ce n'est pas le Sony HS50, contrairement à ce que je disais plus tôt, et dans le silence complet, j'entends clairement le ventilo. Qui regarde un film dans le silence total ? Disons que dans le silence, on l'entend, sans que ce soit gênant, et que si on met un film, on n'entend plus rien du tout.

Sanyo :
Idem que le Panasonic, mais en plus aigu et un peu plus fort.Vous noterez que le Sanyo est donné pour 22dB et que le Panasonic affiche 26dB. Quelqu'un triche, car c'est faux. Le Panasonic est plus silencieux que le Sanyo. Pas beaucoup, mais un peu, et le bruit du Sanyo est plus aigu. A coté, le Sony HS50 affiche 24dB, et il est vraiment silencieux. Je suis pas loin de penser que tout le monde triche ! C'est mignon !

Les techniciens m'expliqueront. Voici les faits.
Le PLVZ4 était tombé en panne lors de mon test précédent (c'est un modèle de pré série, alors que le Panasonic est une version définitive), et c'est le même qu'on m'apporte aujourd'hui.Et bien il m'a fallu 3 minutes pour l'étalonner correctement (avec DVE, pas avec Colorfacts hein !), tandis que la première fois, vous vous en souvenez, je me suis battu pendant 2 heures… moi ça me dépasse, c'est pas de mon niveau.Bref, il est réglé. Je vérifie que le Panasonic n'a pas été déréglé, et roule… retournons voir Gladiator !

Chapitre 2.
Il faut garder à l'esprit que le PLVZ4 que je teste n'a pas son firmware final, et que le ratio de contraste de mon exemplaire est bloqué à 5000:1. La version définitive pousse à 7000… ce qui va suivre est donc à lire à la lumière de cette remarque.

PTAE900 :
belle image, pas une seule BV, pas de grille. Le dédoublement "fantôme" autour des objets, par contre, me saute aux yeux dès la première image, alors que je ne le cherchais pas, il faut le préciser. Sur les scènes avec un ciel gris, les BV ressortent un peu. Il n'y a rien du tout, absolument rien, avec le Sanyo. Idem pour le fourmillement : dans les scènes difficiles, il y en a un peu sur le Sanyo, et un peu plus sur le Panasonic, mais à peine plus.

L'image a plus de lumière avec le Sanyo, tandis que les couleurs semblent assez voisines à l'œil, et plutôt belles, des deux cotés.Il y a beaucoup plus de vivacité sur l'image du Sanyo que sur celle du Panasonic, et bien que les deux machines saturent quelques détails très éclairés comme les flammes, les fumées qui se dégagent du pot en train de cuire sur le feu, en bas à gauche de l'image, au début du chapitre suivant, ont beaucoup plus de lumière et de matière sur le Sanyo que sur le Panasonic. La fumée blanchâtre se détache beaucoup mieux sur le fond noir. Vous me direz, une fumée, c'est pas un film, et c'est pas parce qu'elle est moins vraie sur le Panasonic que sur le Sanyo, que le film est gâché, et vous aurez raison. C'est toute la difficulté des tests en fait. Car sans comparatif, l'image produite par le Panasonic, en 2.30m de base, avec une install son de qualité, c'est du grand spectacle, et pire, avec un beau film, je serais étonné que vous soyez capable de penser aux petits détails ! Oui mais voilà, au-delà de ça, l'idée d'investir dans un beau produit fait aussi partie du plaisir, et c'est à ce plaisir là que mon test fait référence. Dans le cas présent, la différence entre les deux images est sans équivoque, sans nuance. La différence est vraiment importante.

En m'arrachant les yeux au chapitre 6, pour chercher des différences dans le piqué d'image, sur les gros plans, les arrières plans, je n'ai rien trouvé. Match nul. En revanche, là encore, le Sanyo est bien plus lumineux et fait une image plus vive que le Panasonic. Tous les deux, encore une fois, saturent les couleurs des flammes des bougies. Contrairement à ce que je disais la première fois, et en regardant plusieurs fois la scène ou César traverse la pièce de droite à gauche derrière la rangée de statues pour s'arrêter au buste, la profondeur de champ est plus importante sur le Sanyo que sur le Panasonic, en raison de ce surcroît de lumière, qui ne détruit pas les noirs. En revanche, j'ai regardé longuement la poussière tournoyante et éclairée par la lumière filtrant de la fenêtre à gauche. Peut être ais je vu un peu de solarisation avec le Panasonic, peut être pas…!

La seconde scène du chapitre 8 se passe dans la grisaille et le brouillard. C'est dur pour le bruit vidéo, le fourmillement, et les BV. Sanyo, bien. Pana… à peu près aussi bien, mais par contre, là encore, quelle différence de luminosité et d'éclat des petits détails entre les deux !

Ceci est immédiatement confirmé à la scène suivante, celle ou des ossements jonchent le sol au premier plan dans la forêt. Là, le Sanyo affiche une supériorité vraiment écrasante qui emporte ma conviction que ces deux machines ne sont pas du tout de la même classe. Toutes les couleurs ressortent avec beaucoup plus de détail et de vie que sur le Panasonic.

J'ai beaucoup dit l'année dernière que le Panasonic PTAE700 et le Sanyo PLVZ3 étaient deux excellentes machines qui faisaient de très belles images, à coté, je ne l'oublie pas, du Hitachi PJTX100. D'ailleurs je m'en suis amusé, car il n'est pas fréquent de voir 3 machines de qualité voisine à des prix voisins, qui se tiennent dans un mouchoir de poche. Cela me met plus à l'aise pour affirme que ce n'est plus le cas. Sanyo a fait un bond en avant important, par rapport à Panasonic et par rapport au PLVZ3 (je n'avais pas de PTAE700 pour aller au fond de cette question). Je me suis demandé comment cela pouvait être possible, et je me demande si une partie de la réponse (ou la réponse en totalité), ne vient pas du fait que Panasonic, comme Hitachi, ont fait du neuf avec du vieux, en installant la nouvelle matrice LCD de Epson, tandis que le Sanyo, et bien c'est apparemment un tout nouveau projecteur. Si ma piste est juste, et les avancées techniques étant assez rapide, le développement du PLVZ4 est donc le fait d'une recherche plus récente, ce qui, autrement dit, le place comme un projecteur avec une génération de plus que le Panasonic… je ne vous cache pas que je vais creuser cette piste, car ma curiosité est attisée.

La suite ? Le test de l'Hitachi PJTX200, le troisième larron du brillant trio des projecteurs LCD à moins de 2000€

Jean Patrick Grumberg,

4 magasins en IdF

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