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Fiches techniques

J'en ai marre du Progressive Scan !

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A en juger par le nombre de coup de fils et de mails que nous recevons chaque jour pour savoir si tel projecteur sera compatible avec tel lecteur Progressive Scan, je m’aperçois plus que jamais que les gens, vous, nous tous, sommes plongés dans une stupeur et une confusion terribles à propos de ce nouveautruc d’ingénieurs, le Progressive Scan.

Que les techniciens qui conçoivent les appareils destinésà faire du Home Cinéma y aient pensé, je ne suispas étonné. C’est eux, après tout, qui nous ont démoralisés avec le Pro Logic quand nous connaissions le Surround, puis avec l’AC3 quand nous avons découvertle Dolby Pro Logic, puis avec le DTS dès que nous avons compris que AC3 et Dolby Digital étaient la même chose !
Il y a eu une petite accalmie, et nous avons cru pouvoir souffler. Tu parles Charles ! C’est tout de suite reparti avec les appareils « évolutifs », puis avec le YUV, le 6.1, le 7.1, le DTS néo, le THX ultra 2, et puis quoi encore ?! Vous ne voulez pas nous laisser tranquille un peu ? On ne peut pas regarder nos films sans avoir à se demander si notre lecteur DVD est compatible SACD ou DVD-A et maintenant Progressive Scan ?
Résultat,je ne sais pas sur quel ton vous parler de Progressive Scan.

D’un coté, pour tout vous dire, j’en ai marre. Non pas parce qu’on embête mes clients, àleur parler de procédés complexes. Pas non plus parce qu’on vous noie de termes techniques qui cachent une science opaque. Ou qu’on vous explique comment on arrive à faire ceci ou cela, alors que seul le résultat compte et que vous n’avez rien demandé, après tout. Ni même parce qu’on finit par vous mettre le doute, qu’on vous plonge dans la confusion,et que vous ne savez plus quoi acheter.

Non, j’en ai marre parce que le Progressive Scan sert à quelque chose, qu’il apporte des améliorations importantes dans la qualité des images, des progrès qualitatifs palpables qu’on ne peut pas négliger… des possibilités de se faire encore plus plaisir, et que je ne peux donc pas faire l’économie d’écrire cet article.

Quand on a découvert la qualité d’une image reproduite par un beau lecteur Progressive Scan sur un bon projecteur,même de prix raisonnable, ou sur une télé de qualité, on se dit tout de même que c’est beau la technique…
Mais je vous promets que je vais vous parler de çad’une façon si claire et si simple et si facile, que vous allez tout comprendre.

Un peu de vocabulaire pour commencer. Vous savez que l’image d’un film est créée sur votre écran par le balayage du haut vers le bas de lignes horizontales paires qui forment la moitiéde l’image, puis impaires. Vous avez probablement entendu parler des doubleurs de lignes, ces trucs qui permettent d’afficher toutes ces lignes en même temps, en une seule fois, ce qui lisse l’image et la rend plus fluide et plus réaliste. Vous savez peut êtreaussi qu’on appelle ça une image désentrelacéepar opposition à image entrelacée, qui est c’est cequ’ on voit sur nos télés : la moitié des lignes est affichée, puis la seconde moitié, tout cela trèstrès vite.

Ce que vous ne savez peut être pas, par contre, c’est quele Progressive Scan, dont tout le monde parle ces jours ci, c’estl’AUTRE nom du doubleur de lignes, du désentrelacement, et que c’est donc tout sauf nouveau. Ce que vous ne savez peut êtrepas non plus, c’est que TOUS les projecteurs DLP et LCD ont un systèmede Progressive Scan intégré, car sans cela, l’imagene passerait pas. Les projecteurs LCD et DLP ne peuvent projeter qu’une image Progressive Scan.

doublage de ligne de qualité
doublage de ligne médiocre

Ben alors ! Allez vous me dire ! Quelle histoire ! Qu’est ce quec’est que cette évolution de qualité dont vous meparlez alors que ça existe depuis toujours sur tous les projecteurs?! Et puis, pourquoi acheter un lecteur DVD avec Progressive Scan intégrés’il y en a déjà un dans le projecteur ? Ca fait double emploi ! En fait non. La vérité, c’est qu’àune exception ou deux près, le système de doublage de ligne intégré dans les projecteurs est médiocre, et qu’unProgressive Scan médiocre fait une image épouvantable (ligneshachurées, mouvements rapides saccadés, effets d’escaliersur les courbes, contours flous…) A coté, le Progressive Scan des lecteurs DVD est incomparable.

L’exception que je mentionne porte le nom de Faroudja. C’estun Monsieur, Faroudja. Mais il a aussi donné à son nom àses puces de traitement vidéo et à sa société. Avant de vous dire toutes les merveilles que font les puces Faroudja,laissez moi vous dire que le Progressive Scan est loin d’êtrele seul travail de traitement dont le projecteur a besoin pour sortir une image de grande qualité.

La gravure d’un film sur DVD est en effet le résultat d’un tas de compromis, de tortures, de choix, que l’on fait subir àl’image de départ, celle du film sur pellicule, pour la faire ensuite sortir sur votre projecteur ou votre télé.

En plus du Progressive Scan dont le terme est à la mode en ce moment,il y a le Scaleur. En Français, on dit le recadrage (enfin, ondevrait dire le recadrage, mais les snobs des anglicismes ont besoin de dire scaleur) Le recadrage, c’est un traitement, quelque fois existantdans un appareil à lui tout seul comme le Iscan Pro de SiliconImage, qui a pour fonction de recadrer les dimensions du film aux dimensionsdes panneaux de votre projecteur. En court, disons que si les images du DVD font par exemple 6 mm de large par 4mm de haut, et que la matrice de votre projecteur fait 7 par 5, et bien le Scaleur va agrandir et recadrer votre image pour utiliser toute la surface disponible de la matrice, etéviter de gaspiller de précieux pixels. Faire passer une image de 6x4 à 7x5 comme dans mon exemple, en soi, ce n’estpas difficile, mais quand cette image défile à raison de30 fois par secondes, croyez-moi, c’est une autre histoire, et çareprésente un travail gigantesque ! C’est à cela (età plein d’autres choses encore) qu’on reconnaîtun bon projecteur et un bon lecteur DVD. Si la conversion est mauvaise,on voit des tas de défauts (enfin, l’œil exercévoit des tas de défauts) : des contours flous, des fortes pertesde détail dans les mouvements rapides, un peu d’ailleurs comme le mauvais travail de Progressive Scan.

A coté du travail de mise au format, le pressage d’un DVD doit faire face à un défi encore plus grand, celui de laconversion. Au cinéma, l’image défile à lavitesse de 24 images seconde. En vidéo NTSC (la plupart des films),c’est 30 images/ seconde (ce ne sont pas des images mais des trames.Mais peu importe, c’est déjà assez compliquécomme ça). Il faut donc convertir ces 24 images/s en 30 images/s.Un vrai casse tête ! Comment faire ? Chacun a sa méthode,plus ou moins heureuse, et le résultat donne un film bien gravéou mal gravé… et la façon dont les défautsvont être corrigés est un des très bons moyens de tester la qualité d’un projecteur ou d’un lecteur.Le truc consiste à prendre l’image précédente,et la faire passer une seconde fois, juste après l’imageactuelle, et ce de temps en temps, pour rattraper la vitesse de 24 à30. Comme il y a 24 images par seconde, il y a peu de différenced’une image à l’autre, et on ne voit pratiquement rienà l’œil nu. Sauf dans les scènes très rapides ou les objets bougent très vite, et ou l’image d’avant est donc très différente de l’image d’après! Catastrophe ! C’est là qu’on voit des images saccadées, des plans déchiquetés, des lignes brisées en escalier,et tout plein de vilains défauts insoutenables pour l’amateur exigeant. Et c’est là que le génie de Faroudja intervient,qui a su développer un algorithme à vitesse variable qui se débrouille de toutes les situations et fait que l’image, même très rapide, est d’une fluidité impressionnante.C’est le (presque déjà) fameux DCDI de Faroudja, dontle petit logo commence à fleurir sur les façades des lecteurs DVD haut de gamme et des projecteurs évolués.

Mais ce n’est pas tout !!!!

L’histoire ne serait pas complète si je ne vous parlais pas du problème de la couleur. Il faut savoir que la quantitéde couleurs qui constituent un film, une fois convertie en numérique,ne tiendrait pas sur un seul DVD. Aussi l’astuce, là encore,a été de réduire la quantité d’informations auquel l’œil n’est pas trop sensible, à savoir la couleur, et de laisser entier le blanc et le noir. L’œil voit avec un détail extrême les noirs et blancs, et toutes leurs nuances, mais est extrêmement tolérant aux couleurs. C’est d’ailleurs curieux car nous vivons dans un monde en couleurs, mais j’y reviendrai un de ces jours.

Alors pour gagner de la place on va faire des économies.

Là je suis un poil technique, je n’ai pas trop le choix.Une image est constituée d’une information blanc/noir (c’estla lettre Y sur les docs de vos appareils, appelée aussi luminance), d’une information bleue (c’est la lettre U de « YUV» ou « Cb » de « YcbCr » que vous rencontrez aussi sur vos docs, et elle est créée par la différenceentre le Y et le B du RGB), et d’une information rouge (qui estla lettre V de YUV, ou Cr de « YcbCr », et elle est le résultatde Y-R du RGB). Ces deux couleurs, s’appellent la chrominance, et elles fabriquent le vert.

Donc pour gagner de la place, on supprime quelques informations rouges et bleues, puisque l’œil n’y voit rien, mais on ne touche pas aux informations blanc/noir car l’œil repère tout.Là, tout rentre sur le DVD, mais les couleurs de l’image se retrouve sur 3 pattes ! Il manque des informations. Alors on bouche les trous, on rattrape, en prenant encore une fois des couleurs sur l’imageprécédente et en la doublant pour l’image suivante.Tout cela, vous avez maintenant compris, fabrique aussi des défauts et les DVD les moins bien gravés en sont plein. On appelle çale chroma bug et il fait les contours pas net, qui bavent, les frontières pas toujours franches. C’est là aussi que l’on peutjuger de la qualité d’un bon lecteur ou d’un bon projecteur. Car ces défauts, c’est à ces appareils que reviennent la difficile tâche de les corriger, et c’est de leur talentà y arriver que dépendra la qualité de l’image projetée.

Voilà pourquoi j’explique toujours que c’est avec un DVD très mal gravé et masterisé qu’on testela qualité d’un projecteur ou d’un lecteur DVD !

Et voilà pourquoi je vous disais que j’en avais marre du Progressive Scan…
Jean Patrick Grumberg

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(qu'on ne vous refusera très probablement pas)

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