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Les tests d'Hifissimo

Comparatif Sanyo PLV-Z2000 vs Mitsubishi HC-4900

Mis en ligne le 22/10/2007

Quand je rencontre les services marketing des fabricants de projecteur, le discours est le même partout : en Home Cinéma, la vidéo projection sera full HD, ou ne sera plus.

Après une explosion des ventes au milieu des années 90, le marché s'est récemment déprimé sous les attaques des TV à écrans plats. Les amateurs de cinéma chez soi ont transféré leur budget vers l'achat de ces objets fantastiques. Transféré ?, disons plutôt dire repoussé. Car l'amateur a un peu de mal avec la toute petite image des plasmas (un vidéo projecteur fait une image de 3 m en diagonale)
Aussi l'amateur de Home Cinéma attendait que la haute définition murisse et se démocratise pour revenir à ses amours. C'est maintenant le cas, et les appareils de seconde génération que je teste ici permettent de pénétrer enfin le monde magique de la haute définition avec un investissement très raisonnable – le prix d'un appareil milieu de gamme basse définition il y a à peine deux ans.

Les deux projecteurs au déballage
Les 2 projecteurs côte à côte au déballage

En compétition dans ce test, le Sanyo PLV-Z2000 et le Mitsubishi HC4900.

Observation : ce que je vais tester ici, ce n'est pas la qualité de Sanyo ou de Mitsubishi, qui ont tous les deux démontré plusieurs fois leur talent à mettre sur le marché le meilleur projecteur dans sa catégorie de prix, et qui ont donc un historique, un savoir faire, qui s'enrichit à chaque nouveau produit. Non, ce que je teste aujourd'hui, ce sont les choix marketing de l'un et de l'autre.
Sanyo a décidé qu'il n'était pas en mesure de commercialiser un projecteur full HD - avec l'exigence de qualité des ingénieurs maison- pour moins de 2800€, tandis que l'équipe marketing de Mitsubishi, qui a déjà une longueur d'avance avec son maintenant célèbre HC5000, a décidé que le marché demandait massivement un modèle Full HD à 2000€, et qu'ils étaient capable de le produire.
Vous vous en doutez, ces prix de vente très bas ne sont possibles qu'en faisant des compromis, chaque marque étant tout à fait capable de fabriquer un appareil quasi parfait – et invendable – à 10.000€ !
Mon test consiste à vous dire, selon moi, si les compromis de l'un et de l'autre sont pertinents, et si les petites économies réalisées ici et là pour arriver aux prix fatidiques – et fantastiques, ne taxent pas trop la qualité des images.
Et puis, inévitablement, vous allez me demander s'il faut acheter l'un plutôt que l'autre, même s'ils ne sont pas au même prix, et je vais tenter de répondre !
D'ailleurs coté prix, je ne vais pas la jouer langue de bois. Même si les magazines taisent cette vérité universelle, les prix réels respectent rarement les voeux des marques, et l'écart de prix entre ces deux projecteurs ne sera plus la même lorsque vous serez devant votre vendeur…

Arrière du HC4900
Arriere du HC4900

Le HC4900 n'a pas d'interrupteur marche arrêt, je n'ai jamais compris à quoi sert ce bouton, et il n'a qu'une seule prise HDMi, mais on peut en inventer une seconde en branchant un adaptateur sur son entrée DVi. Le Sanyo a deux prises HDMi, c'est mieux, même si ce n'est pas assez (tout amateur qui se respecte possède forcément un lecteur DVD, probablement un lecteur HD, une console de jeu, un récepteur satellite HD, et souvent un serveur HD connecté au PC et à internet, et il n'a pas forcément envie de toute faire passer par l'ampli et de perdre en qualité). Les deux appareils sont assez gros, mais le Sanyo est carrément plu gros. Je croyais que le marché se dirigeait vers des petites tailles.
Coté bruit, les deux sont tout ce qu'il y a de plus discret, les machines bruyantes, c'est de l'histoire ancienne.
Sanyo a conservé son principe du cache objectif électrique. C'est un gadget amusant à regarder, d'autant que l'expérience prouve qu'il ne tombe pas en panne.
Le lens shift (variation horizontale et verticale de l'image) du Mitsubishi est électrique à deux vitesses : pas à pas, et accéléré. Quand on garde le doigt sur le bouton, il passe en accéléré. Dans le mode pas à pas, le projecteur fait un bruit de paon caché derrière un fourré en train d'attendre sa femelle ! Je préfère la simplicité et la rapidité familière des réglages manuel du Sanyo, avec ses molettes sur le coté. Certes elles manquent de précision, mais en revenant dessus, on arrive au résultat voulu. En revanche, les réglages géométriques du Mitsubishi affichent une grille verte du plus bel effet, qui est très pratique pour un alignement parfait. L'avantage de la mise au point électrique du HC4900, c'est qu'on peut, seul, en s'approchant de la toile, faire un réglage précis de la netteté, en dirigeant la TC vers le projecteur. Avec le réglage manuel du Sanyo, il faut être deux, ou faire confiance à ses yeux. Ce que j'ai fait. J'ai vérifié de près les réglages que j'obtenais de loin, et je n'ai pas fait de correction. Je parie que ce sera la même chose pour vous, aussi l'argument réglages électriques n'en est pas un.



Arrière du PLV-Z2000
Arrière du PLV-Z2000

Les deux télécommandes côte à côte
Télécommandes des HC4900 et PLV-Z2000

Le menu du Sanyo est facile : les fonctions sont logiquement implantées, la navigation à la TC est intuitive, c'est-à-dire que les touches qu'on a envie de toucher correspondent à ce qu'on a envie de faire, et Sanyo a conservé la logique des menus de ses autres projecteurs : le possesseur d'un Sanyo se sentira chez lui.

J'ai pu faire mes réglages en un temps assez court, sans aucune frustration, et le menu est très complet. Pour tout vous dire, je n'ai pas eu à retoucher grand-chose, ni sur le Sanyo ni sur le Mitsubishi, pour obtenir des couleurs naturelles, et un piqué satisfaisant. Ce ne fut pas la même chose pour les noirs. Les deux projecteurs sont un peu bouchés – le HC4900 un peu plus que le Sanyo - et demandent du temps et de la patience pour trouver le juste réglage.

Place aux tests…

J'ai utilisé le lecteur DMP-BD10 de Panasonic : l'un des meilleurs lecteurs Blu-ray du marché. Le Mitsubishi de mon test est le modèle définitif, que nous avons déballé de son carton, tandis que le Sanyo est encore une présérie, qui sera donc encore améliorée.



OSS117 en Blu-ray.

Sanyo PLV-Z2000.

Screenshot du PLV-Z2000

Il y a un léger effet de vignettage foncé sur la partie gauche de l'écran sur une largeur de 40 cm, qui se voit sur le fond d'écran vide avant que le film ne démarre, mais qui est impossible à déceler ensuite.
Les couleurs sont fraîches, naturelles, belles à regarder. Elles sont douces et très juste, c'est un délice pour l'oeil ! En revanche, l'image saccade dès qu'une scène s'accélère. Le piqué est bon, excellent même si on compare au DVD, mais il n'est pas non plus renversant (suis-je déjà trop habitué à la HD ?). Les saccades des images lors des travelings me dérangent. Les noirs sont un poil bouché, et un réglage plus poussé semble indispensable. Il y a cependant une très belle densité des couleurs, avec, malgré le léger bourrage dans les zones très très sombres, un noir profond qui montre loin les détails sombres, et affiche une profondeur de champs, un relief, admirables.
Sur les gros plans des visages, je ne vois, à 4 mètres sur un écran de 2.30m, aucun effet de grille pour abîmer ce beau spectacle. L'image est lisse, lissée, douce et sans fioriture, en deux mots : très belle.
Sur les plans larges et profonds, les plans d'ensemble avec énormément de détails, les bienfaits de la haute définition sont impressionnants. Si vous avez envie de vous prendre une indigestion de détails, je vous promets un menu riche en finesse et des effets 3D remarquables ! Cerise sur le full HD, il n'y a pas le moindre effet de solarisation, ni d'escalier, et j'ai beau me triturer les yeux, je ne vois pas d'autres défauts artificiels qui ne seraient pas présents sur le film, mais fabriqués par le traitement vidéo du projecteur – ou du lecteur. Pas même le moindre fourmillement pour venir gâcher mon plaisir !

Mitsubishi HC4900

Screenshot du HC4900

Le menu est tout petit, moins intuitif, moins complet aussi, bien que je n'ai pas fait une comparaison ligne par ligne. Avec le sharpness au minimum (-5) pour éviter tout doublement de contours qui font perdre en définition, l'image est d'un piqué étonnant.
Ce qui saute aux yeux en lançant le film, c'est la fluidité. Le HC4900 est, comme le Sanyo, victime du manque de fluidité du film Blu-ray. En HD-DVD, la fluidité semble souvent meilleure. Le résultat, cependant, est moins gênant que sur le Sanyo : le HC4900 – sa partie vidéo en l'occurrence, corrige avec plus de succès ce difficile défaut. La netteté est également meilleure que sur le Sanyo, ce que laissait déjà voir la mire de réglage. Mais l'image est un peu dure. Le résultat, sur les mêmes scènes, me fait préférer la douceur du Sanyo, même s'il est moins piqué, et même s'il saccade plus, parce qu'à la finale, il est plus doux, et que ça ressemble plus à une image au cinéma (d'ailleurs, au cinéma, les images ont quelque fois tendance à avoir des défauts que nos projecteurs n'ont plus : fourmillements très importants, saccades intempestives, et même solarisation)
L'angle de la TC est très étroit, et pour moi, qui suis placé à coté du projecteur, et qui, pour mon test, passe mon temps à faire des corrections, le Sanyo est plus pratique. Je ne pense pas que cela représente une gêne pour vous, sauf si l'emplacement du projecteur est critique.
Le noir me pose un petit problème aussi. Je trouve qu'il manque un peu de nuances. Quelques réglages me montrent que je ne peux pas obtenir beaucoup mieux. La relative dureté de l'image s'explique donc par ces noirs qu'on ne peut pas « déboucher ».
Là encore, pas la moindre solarisation, aucun effet d'escalier, l'image est virtuellement sans défaut, sans aucun fourmillement, et elle est très belle à regarder – saccades exceptées.
Quelques réglages de plus, et je remarque que les TC rétro éclairées, c'est une nécessité. J'aurai préféré que les réglages du Mitsubishi ne soient pas électriques, et qu'il ait une ou deux prises HDMi de plus.

Si l'on résume les plus et les moins de chaque projecteur, cela donne à peu près ceci :

• Le piqué d'image du Mitsubishi est légèrement meilleur que celui du Sanyo, mais au détriment d'une plus grande dureté des contours sur le HC4900.
• Aucune des deux machines ne sait se débarrasser des saccades du Blu-ray, avec OSS117, mais aussi avec les autres films HD que j'ai rapidement passés, mais le Mitsubishi s'en sort un peu mieux. C'est pour moi assez gênant, d'autant que la beauté de la haute définition me transporte dans un monde tellement plus spectaculaire que le DVD.
• Aucune des deux machines n'a le moindre effet d'escalier sur les lignes droites non horizontales.
• Aucune des deux machines ne solarise, et il n'y a pas de fourmillement. Les ciels sont donc lisses, les halos de lumière vive ne font pas des pâtés de couleurs, et les détails sont donc épargnés.
• Les noirs sont plus bouchés sur le HC4900 que sur le PLV-Z2000, mais aucun n'est parfait, même si le Sanyo semble pouvoir bénéficier de réglages fins.
• L'image du Sanyo est plus douce et plus naturelle, l'image du Mitsubishi est un peu dure, un peu « vidéo », si je peux me permettre ce terme impropre du fait que tout ce que nous regardons est de la vidéo.
• Aucun des projecteurs ne dévoile la grille de la matrice, et ce dès que je suis à 2 mètres de la toile.
• Le lens Shift du Sanyo a une plus grande ampleur que celle du Mitsubishi, mais les deux sont assez souples pour un placement dans des conditions difficiles : j'ai mesuré que l'image du Sanyo se déplace de presque 3 écrans, tandis que celle du Mitsubishi peut bouger de presque 2 écrans !
• Les deux projecteurs sont très faciles à régler, et, en sortie de carton (au moins pour le Mitsubishi), les réglages standard sont déjà bien adaptés aux couleurs et nuances des films.

Pour ne pas oublier les possesseurs de lecteurs DVD qui n'ont pas encore sauté le pas full HD, j'ai voulu me rendre compte de ce que donnaient ces projecteurs avec un film DVD, donc basse résolution. J'ai mis Chicago dans le Panasonic.

HC4900
Juste après avoir regardé un film en haute définition, il ne faut pas regarder un DVD ! Je l'ai déjà constaté, je l'ai déjà dit, et cela se confirme à chaque fois : sur les DVD, l'image est floue. Mais ce qui apparaît aussi, ce sont tous les autres défauts dont j'étais déjà prêt à oublier l'existence avec la HD : l'image fourmille, ça solarise sur les vives lumières, et les noirs n'ont pas la même densité. Le pire, ça reste cette impression de flou, d'absence de détails du DVD, même sous les bienfaits du scaleur qui gonfle le DVD en 1080p.

PLV-Z2000
C'est flou ho la la ! C'est pire que sur le HC4900 ! Pour le reste, je retrouve les fourmillements sur les fonds lisses, la solarisation. Bref, c'est pas ça non plus, comparé à la HD.

Il m'est difficile de séparer l'image DVD de ce que j'ai vu auparavant, et donc de conclure que ces projecteurs conviennent bien aussi au DVD. Pourtant, en comparant avec un projecteur basse définition, le résultat rend mieux en HD. Avec le DVD, le flou est plus important avec le projecteur 720p HC3100 qu'avec le 1080p HC4900. Les fourmillements, en revanche, disparaissent avec un lecteur DVD haut de gamme Denon DVD-3930, et pas avec le Blu-ray Panasonic.

Au finish, ma préférence, vous l'avez peut être compris, va …à la haute définition, puis elle va au Sanyo pour sa grande douceur d'image. Elle compense, pour mon goût visuel, d'autres petits défauts que le Mitsubishi sait éviter.

Après avoir terminé ce test, et laissé reposer mes yeux et mes impressions, je me suis posé la question fatidique, celle du choix, sachant que le Sanyo vaut 800€ (prix tarif) de plus que le Mitsubishi.

Si le Sanyo valait le même prix que le Mitsubishi, je choisirais le Sanyo. Si le Sanyo vaut 2800€ et le Mitsubishi 2000€, je choisis encore le Sanyo.

Je pense (et croyez moi, ce n'est pas un argument pour vous poussez à la consommation, car vous savez que j'aime, au contraire, trouver le produit astucieux et moins cher qui fait aussi bien que les autres) que si vous êtes prêt à investir, et surtout si vous allez revendre un ancien projecteur, il faut faire l'effort, et aller au PLV-Z2000. La somme qui sépare les deux appareils étant à la fois raisonnable et digeste, vous savez comme moi que l'écart s'oublie vite, tandis que le plaisir dure des années.

Et après mûre réflexion, je conclus ceci :

Si vous aviez l'intention d'acheter un vidéo projecteur, disons dans les 1500€, je vous conseille de pousser un peu, et de prendre un Mitsubishi HC4900 à 2000€. C'est le parfait exemple de ce que la haute définition peut faire pour vous, et il vous assurera un avenir haute définition que vous ne regretterez jamais. A l'inverse, le projecteur basse définition à 1500€, je parie que vous le regretterez déjà en rentrant chez vous le colis sous le bras. Si vous aviez par contre l'intention d'investir dans les 2000€, alors là il ne faut pas hésiter : foncez, économisez un peu s'il le faut, empruntez, mais offrez vous le Sanyo !

Jean-Patrick Grumberg

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